Newsletter ARE du 23 novembre 2020

Jean-Pierre Raffarin

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Invité de la semaine : Jean-Pierre Raffarin

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Actuellement sénateur de la Vienne, Jean-Pierre Raffarin a été Premier ministre de 2002 à 2005, durant le second mandat de Jacques Chirac.

Diplômé de droit et de l’ESCP Europe, il débute sa carrière dans le marketing et le conseil notamment pour les cafés Jacques Vabre. Son premier engagement politique le conduit chez les Jeunes giscardiens. Elu en Poitou-Charentes, il est en 1988 le plus jeune président de région de France.

RETOURS :

Que pensez-vous du plan de relance annoncé il y a quelques semaines par Jean Castex ?  Cela sera-t-il suffisant pour redonner un souffle à l’économie française ?

Jean-Pierre Raffarin :

Le plan de relance est un effort très important de l’Etat et de l’Union Européenne. Le niveau de 100 milliards est considérable dans l’histoire de nos plans de relance. Les trois priorités, l’écologie, la compétitivité et la cohésion devront générer des projets concrets accessibles aux PME, notamment à celles dont le redressement passe par l’obtention rapide de liquidités. Je pense qu’au printemps prochain il faudra intégrer au plan de relance certaines des mesures qui ont fait leur preuve au cœur de la crise pour les entreprises et leurs salariés.

Quels enseignements tirez-vous de la crise sanitaire ?

D’abord, saluons la qualité du personnel soignant. C’est sans doute un des trésors parmi les plus importants du patrimoine français. La question des moyens ne doit pas masquer la qualité de notre appareil de santé. Ensuite, reconnaissons que notre pays est d’évidence trop centralisé et que la “congestion cérébrale” est toujours menaçante. Nos régions sont prêtes pour être associées à la gestion de crises majeures. Enfin je note, avec regrets, que la coopération internationale a reculé par rapport au niveau qu’elle avait atteint lors de la crise mondiale précédente en 2008. Le virus passe les frontières, mais les politiques s’arrêtent aux frontières. Pour l’avenir il est nécessaire de renforcer l’OMS.

Pour vous, quelles sont les priorités pour retrouver une croissance économique ?

Les priorités gouvernementales me semblent pertinentes. Le problème essentiel me paraît être l’identification des projets prêts et la simplification des procédures. La priorité doit être l’efficacité, donc la rapidité de mise en œuvre. Les projets de recherche des universités, les projets de développement des entreprises, les projets d’infrastructures des collectivités locales et tous les projets dans les cartons de la France profonde devraient être inventoriés par les territoires et les meilleurs devraient être rapidement lancés. Quelles que soient nos difficultés, nous ne devons pas partir de zéro comme c’est souvent la tentation des auteurs de plan. Mais il ne faut pas attendre pour commencer l’instruction des dossiers. Il faut que pendant quelques années la France devienne une fédération de projets.

En tant qu’ancien premier ministre, comment analysez-vous la situation actuelle face à la crise économique et sanitaire et quelles visions pour la fin de l’année ?

La situation est particulièrement douloureuse dans les profondeurs du pays. De l’entreprise en grave difficulté au jeune en décrochage profond, les blessés de la crise seront nombreux y compris quand la crise sera finie. C’est pourquoi les autorités publiques doivent être mobilisées pour la relance mais aussi pour la cohésion sociale. Face aux difficultés sociales à venir, il faut une grande écoute de la société pour éviter les tensions, le désespoir et bien sûr la violence. Pour cela je crois que la cohésion de Noël sera très importante, veillons à respecter ce moment exceptionnel ou l’on retrouve des forces grâce aux liens de la famille.

Ami de la Chine, comprenez-vous le china-bashing qui s’installe en France (cf Huawei, British Steel…) ?

Je suis ami du peuple chinois parce que je suis en charge, avec d’autres, des intérêts français en Chine. Ces intérêts sont très importants pour nos entreprises mais aussi pour notre politique internationale (exemple de l’Accord de Paris pour les changements climatiques). Il est vrai que la ” guerre froide ” entre l’Amérique de Trump et la Chine a déchaîné des campagnes de propagande particulièrement vives. Avec la Chine nous avons des divergences majeures sur les systèmes politiques : ils sont attachés au « socialisme aux caractéristiques chinoises » et nous, nous sommes attachés aux valeurs de la démocratie occidentale. Sur ces sujets on ne peut attendre de changement, en revanche quant aux relations internationales, économiques et politiques, nous avons d’évidents intérêts communs. Jacques Chirac m’a appris que notre politique étrangère devait privilégier le dialogue avec tous mais aussi respecter les vieilles civilisations, ce qui n’affecte en rien notre liberté. Je me réjouis que l’Europe fasse maintenant de sa souveraineté une priorité.

Avez-vous un conseil pour l’association ARE ?

Pour moi la société française souffre de son excès de passion idéologique. La crise peut accélérer cette tendance. Oui aux convictions mais n’oublions pas les responsabilités.
N’ajoutons pas des tensions aux tensions, soyons vigilants à toutes les dérives violentes. Priorité au réel, priorité aux faits ! La société civile est bien placée pour aider notre société à retrouver les chemins des lumières, de la raison.

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Séminaire d’hiver de l’ARE :
destination Courmayeur

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Retours… sur la presse

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Covid : les entreprises et les consommateurs se sont adaptés très vite au nouveau confinement

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Challenges, le 19 novembre : L’économie mondiale se remet progressivement des ravages de la crise liée au coronavirus mais des signes de ralentissement sont perceptibles dans les pays où le taux de contamination repart à la hausse, estime le Fonds monétaire international (FMI), dans un rapport sur les grandes économies du G20

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